Et me voilà au jour 14 de ce parcours sans alcool — mon nouveau cycle de sobriété. Franchement ? C'est allé mieux que prévu sur certains points, mais c'est plus difficile sur d'autres.
La vraie galère du sommeil
Jusqu'ici, les choses se sont plutôt bien passées, mais il y a toujours un truc qui me frappe aux alentours des semaines 2-3 : les changements de sommeil. Comme une horloge, j'ai recommencé à dormir un peu moins — environ 6 à 6 h 30 par nuit. C'est un schéma que je reconnais d'autres tentatives, mais ça ne le rend pas moins éprouvant pour autant.
Ce qui rend ça encore plus dur cette fois, c'est que j'ai beaucoup de nouvelles activités dans ma vie. Il n'y a pas vraiment de temps pour récupérer, et je ne veux pas encore lever le pied. Le temps que le soir arrive, je suis à peine capable de ramper. Cette fatigue malgré une vie saine est bien réelle. Toutes ces activités du soir que j'appréciais avant ? Elles ont disparu à nouveau. Je suis tout simplement épuisé.
L'aspect positif : la stabilité émotionnelle
Mais voilà la chose — émotionnellement, je suis vraiment devenu plus stable. Même si tout ne se passe pas comme je le voudrais, je me sens sincèrement optimiste par rapport à la vie, à mes projets, et à tout en général. C'est précieux. Vraiment précieux. Comprendre l'anxiété en sobriété m'a aidé à naviguer ces émotions.
Avant, j'avais des coups de déprime après avoir bu de la bière en excès. Maintenant, tout semble calme et prévisible dans le bon sens du terme. Pas de hauts et de bas dramatiques. Pas de réveil avec des regrets. Juste... de la constance. C'est pas excitant, mais c'est fiable.
L'épreuve sociale : la visite d'un ami
Le vrai test est arrivé quand un ami est venu d'un autre pays me rendre visite. Dans le passé, boire ensemble aurait été automatique — une façon de se connecter, de s'amuser. Mais cette fois, je n'ai pas bu.
Et oui, je me suis clairement senti plus ennuyeux. Impossible de nier ça. Mais au fil de la visite, j'ai réalisé quelque chose : nous sommes juste des personnes très différentes. Sans l'alcool pour lisser ces différences, c'était plus évident. C'est comme ça.
Plus de masque
C'est ce que l'alcool faisait pour moi — c'était un masque. Il me permettait de prétendre être quelqu'un que je n'étais pas, de me fondre dans le groupe avec des gens avec qui je ne m'accordais pas vraiment. Maintenant, sans ce masque, je me montre tel que je suis. Et parfois, ça veut dire être plus calme, moins animé, moins « fun ».
Mais ça veut aussi dire être authentique. Et j'apprends que c'est plus important qu'être divertissant.
Ce que j'apprends après deux semaines
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Les changements de sommeil sont temporaires : Cette phase de sommeil plus léger ne durera pas éternellement. Mon corps est encore en train de s'ajuster.
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La fatigue du soir est réelle : La sobriété naissante demande de l'énergie. Il est normal de se reposer plutôt que de forcer.
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La stabilité émotionnelle vaut mieux que les montagnes russes : Des humeurs prévisibles sont en réalité un cadeau, pas quelque chose d'ennuyeux.
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Les connexions authentiques comptent davantage : Si j'ai besoin d'alcool pour me connecter à quelqu'un, peut-être qu'on n'était pas si compatibles de toute façon.
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Être « ennuyeux » vaut mieux qu'être faux : Je préfère être moi-même qu'une version suralimentée à l'alcool de ce que je crois devoir être.
La voie à suivre
Je suis fatigué. Je vais me coucher plus tôt que je ne le voudrais. Ma vie sociale est différente — peut-être moins excitante, mais assurément plus honnête.
Et malgré l'épuisement, je suis optimiste. Deux semaines, ça ne semble pas grand-chose, mais c'est deux semaines à me montrer tel que je suis, sans masque, sans regret. C'est du progrès.
Si vous êtes en début de sobriété et que vous vous sentez de la même façon — épuisé mais stable, authentique mais peut-être un peu « ennuyeux » — vous n'êtes pas seul. C'est une partie du processus. On se reconstruit de fond en comble, et ça prend du temps et de l'énergie.
Continuez. La personne que vous devenez en vaut la peine.

